Compte-rendu critique du comité technique des 9 et 15 mars 2018

Outil pour cibler les nouveaux publics de la BnF

1 – Évolution de l’organisation du DSI (pour avis)

2 – Création de la direction des publics (pour avis)

3 – Bilan de formation 2017

4 – Plan de formation 2018 (pour avis)

5 – Réorganisation de la DdRH (pour avis)

1 –  ÉVOLUTION DE L’ORGANISATION DU DSI (POUR AVIS)

Le directeur de la Direction des Services et des Réseaux (DSR) et celui du Département des Systèmes d’Information (DSI) ont présenté, après l’avoir fait au CHSCT, l’évolution du DSI. Celle-ci a pour objectif d’avoir une meilleure vision de l’ensemble du Système Informatique (SI). De fait, le SI a gonflé au fil des années à cause de nombreux projets, de nouvelles applications et de l’accroissement des bases de données, notamment celle de l’audiovisuel. Les directeurs ont pensé qu’avec une légère réorganisation et la création de nouveaux postes, les problèmes futurs pourront être anticipés. Les postes créés sont :

  1. Un responsable de la sécurité du SI ;
  2. un urbaniste SI, qui veillera à la cohérence du SI, de son architecture et de toutes les nouvelles applications ;
  3. un architecte, spécialisé sur les 400 bases de données (contrôle, fonctionnement, …) ;
  4. quatre postes de responsables de la relation métier.

 

REMARQUES DE LA FSU

On peut noter que la démarche choisie par la Direction (DSR et DSI) est conforme aux procédures habituelles : un projet bouclé, bien rédigé où l’on connaît les étapes, l’organisation et la finalité. Ensuite, l’ordre de présentation devant les instances est logique : l’évolution tout d’abord exposée au CHSCT afin de penser les conséquences sur la santé des agents. Puis, un examen au Comité Technique  pour étudier l’organisation concrète. Cette méthode, pourtant rationnelle, semble de moins en moins pratiquée (voir point suivant). En conséquence, la FSU a encore voté pour.

Votes : 7 abstentions (CGT, CFDT, SUD) ; 2 pour (FSU)

 

2 – CRÉATION DE LA DIRECTION DES PUBLICS (POUR AVIS)

Le préfigurateur a exposé la première phase transitoire de la création de la Direction des Publics (DPU). Il a rappelé ses objectifs :

  • Le développement et la diversification des publics ;
  • La coordination des dispositifs d’information, d’accueil, d’orientation, d’inscription et de vente de titres d’accès ;
  • La médiation, c’est-à-dire « l’accueil et l’accompagnement de publics spécifiques (groupes de tous âges scolaires ou non, familles, visiteurs, touristes …) afin de leur faire vivre une expérience culturelle ou patrimoniale ».

Cette première phase sera suivie en septembre 2018 par l’élaboration de l’organigramme définitif qui sera composé de 92 agents.

CONTENU DU DÉBAT

Les syndicats ont demandé une suspension de séance pour voir si une position commune pouvait être adoptée. Rapidement, les quatre syndicats ont décidé de voter contre. Les raisons sont multiples :

  • Des documents pauvres en contenu (deux pages pour la note, celle du DSI en faisait 23)
  • Un vote de principe sur la création d’une nouvelle Direction, une sorte de blanc-seing
  • Une inversion de la présentation du projet dans les instances
  • Des incertitudes, des incohérences et des questions sans réponses convaincantes
  • Les personnels concernés qui sont très inquiets et qui pour beaucoup d’entre eux ont le sentiment d’avoir été trimbalés

Au retour dans la salle du conseil, l’intersyndicale a annoncé son intention de voter contre. La Direction Générale a tenté de nous convaincre avec une métaphore. Elle nous a expliqué qu’il s’agissait de se prononcer sur les fondations d’une construction (phase 1) et qu’après concertation avec les agents, on pourra construire une maison (phase 2). Elle a reconnu qu’il y avait un problème de méthode, que d’habitude la Direction proposait un projet fini. Elle a aussi informé l’intersyndicale que cette méthode sera désormais plus fréquente.

Votes : 9 contre (CFDT, CGT, FSU, SUD)

En cas de vote négatif unanime des syndicats, la Direction est obligée de reconvoquer le CT.

DÉCISIONS DE LA DIRECTION (CT DU 15 MARS 2018)

La Direction a pris acte des votes. Elle a choisi de modifier sa méthode en revenant à des procédures plus rationnelles. Elle a décidé de changer de calendrier et de présenter le projet complet (organisation, organigramme, fiche de poste, etc.) après concertation avec les personnels au CHSCT, puis au CT, enfin au CA.

 

REMARQUES DE LA FSU

Si l’on peut comprendre la volonté d’augmenter le nombre de visiteurs, ce projet nous a semblé prématuré et mené au pas de charge. L’établissement et les personnels ne sont pas prêts, surtout que pour certains (pensons au DRB transformé en ORB il n’y a pas si longtemps) les réorganisations se succèdent sans avoir des résultats spectaculaires. Aussi, nous nous souvenons de la réforme du Haut-de-Jardin qui avait des ambitions similaires avec les conséquences que l’on sait.

Nous avons à nouveau demandé une pause concernant les réorganisations, les nouveaux projets, etc. Par ailleurs, nous avons fait remarquer à la présidente de la BnF que son mandat lui permettait d’avancer sans précipitation.

Après le deuxième CT et la décision de la Direction, la FSU-BnF se félicite que l’on revienne à des procédures plus raisonnables.

 

3 – BILAN DE FORMATION 2017

REMARQUES DE LA FSU

Nous avons remarqué les points positifs du bilan, notamment l’augmentation des personnels formés (77% en 2017 contre 70% en 2016) et la qualité des formations.

En revanche le taux de consommation des crédits n’est que de 84%, alors que le Louvre utilise son budget à 99%. Ce problème est inquiétant, car il touche des postes importants :

  • Formation à l’accueil avec 30 000 € et seulement 11 000 € dépensés
  • Formation à l’hygiène et la sécurité avec 60 000 € et 39 000 € dépensés [conséquence d’un arrêt maladie de la personne chargé de cette formation].

De plus, malgré les actions engagés ces dernières années,  il existe toujours  un décalage important  entre le taux d’agents formés en catégorie C et celui formés en catégorie B et A. : 66 % en C, contre 81 % en A et 80 % en B. On constate même en 2017 pour la catégorie C une diminution par rapport à 2016 du nombre de stagiaires  et du nombre de jours de formations, c’est la seule catégorie dans ce cas, en A et en  B, le nombre de stagiaires et celui du nombre de jours de formation ont  augmenté en 2017 par rapport à 2016. Cette sous-représentation des catégories C n’est pas anodine quand on sait que le rapport du Service Hygiène, Sécurité, Environnement (SHSE) qui recommandait, afin d’éviter les TMS, de prévoir des formations tout au long de la carrière pour éviter que ces agents (surtout les magasiniers de la DCO et des agents du DMT) prennent leur retraite complètement épuisés.

L’une des causes principales à cette sous-représentation est à chercher du côté des suppressions de postes qui ont été particulièrement importantes en catégorie C : en 2009 et 2016, les effectifs de magasiniers ont baissé de près de 20 %. En raison  fait de l’alourdissement de leur charge de travail, ces agents manquent de disponibilité pour suivre des formations.

Un tel constat jette une ombre considérable sur l’appréciation que l’on peut faire sur le bilan. Incontestablement, certaines des priorités affichées dans les discours n’ont pas été suivies d’effets sur le terrain.

 

4 – PLAN DE FORMATION 2018 (POUR AVIS)

REMARQUES DE LA FSU

Nous avons fait part de notre satisfaction concernant la manière dont sont menées les formations. Par ailleurs, on peut se réjouir que malgré les coupes budgétaires pratiquées dans d’autres domaines, la formation conserve une enveloppe assez élevée (800 000 €).

Les priorités nous ont semblé pertinentes, surtout l’accueil, la transition numérique, la prévention des risques psychosociaux (RPS), l’hygiène et la sécurité.

En revanche, l’importance que prend le management (30% soit 200 000 €) est problématique. S’il s’agit de lutter contre les RPS, les troubles musculosquelettiques (TMS), de se former à la tenue de réunion et d’accompagner les changements dans les métiers, alors les dépenses sont justifiées. Mais l’ambivalence du management, c’est qu’il s’agit aussi de donner un ensemble de recettes, mises à la disposition des chefs pour tirer le maximum de travail des agents qui sont sous leur responsabilité. Nul hasard si la BNF détient le record ministériel des suppressions de postes entre 2006 et 2016 et si aujourd’hui son budget management est devenu aussi important.

Nos craintes concernant l’inflation du budget formation consacré au management à la BnF sont d’autant plus fortes que le gouvernement prévoit de généraliser la rémunération au mérite et de donner aux « managers publics » (nommés ainsi dans les rapports) le pouvoir d’instaurer un salaire en fonction de l’évaluation de l’agent qu’il a sous son autorité et de ses résultats, de manière arbitraire

En conséquence, la FSU-BnF s’est abstenue.

 

5 – RÉORGANISATION DE LA DDRH (POUR AVIS)

La directrice adjointe de la direction déléguée aux ressources humaines (DdRH) a exposé les principaux problèmes de la fonction des ressources humaines (FRH) : redondance des tâches, perturbation dans le quotidien, condition de travail dégradée, déficience d’organisation et perte de compétences. Elle a jugé que globalement, le fonctionnement de la DdRH n’était pas satisfaisant.

Le cabinet d’audit SPINPART a, pour sa part, jugé que la FRH s’était fortement dégradée. Son bilan a été assez dur : les personnels ont quasiment tous besoin de « monter en compétence », les procédures ne sont pas rédigées, les outils informatiques comme HRacces peu ou mal utilisés, un manque de travail collaboratif, des problèmes sur les fiches de paye, etc. Tous ces dysfonctionnements ont pour effet que la FRH a réduit son périmètre d’action, qu’elle ne peut pas développer de nouvelles thématiques et que la détérioration continuerait si elle n’était pas stoppée rapidement.

REMARQUES DE LA FSU

Comme les documents sont arrivés très tard, la FSU avait demandé le report de ce point afin de mieux l’étudier. Cette demande n’a pas pu se faire, cependant, l’ensemble des syndicats ont réclamé le report du vote, à défaut l’intersyndicale votera négativement. De surcroit, on peut noter que le respect de l’ordre de présentation des réorganisations dans les instances a été ignoré

Contrainte, la Direction a accepté le report avec regret.

Pour la FSU, cette réorganisation s’impose, mais pas dans n’importe quelles conditions. Il faut que le comité technique puisse se prononcer en connaissant les conséquences sur la santé des agents.

Demeurent pour nous deux problèmes majeurs : le rattachement de la médecine de prévention à la DdRH ; ensuite on peut douter que même si les postes vacants sont pourvus, les moyens risquent de ne pas être à la hauteur des enjeux. C’est pourquoi nous pensons qu’à terme des recrutements supplémentaires seront nécessaires.

Par ailleurs, la FSU n’est pas opposée par principe à une externalisation provisoire des dossiers en souffrances ainsi que de la résolution des anomalies de paye. Ceci afin de soulager les agents dont la charge de travail est conséquente pendant la réorganisation (formations, rédaction des procédures, nouveau organigramme, …).

 

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