LA FSU demande le droit à la lumière du jour pour tous

egouts_artAujourd’hui, plus de 500 collègues perçoivent une indemnité en raison du travail qu’ils effectuent dans des locaux aveugles.

La mise en œuvre du plan « Vigipirate augmenté » a renforcé leur isolement car les moyens d’accès à l’extérieur lors les pauses ont encore diminué. Cette situation est vécue de manière très douloureuse par ceux à qui elle est imposée depuis des années et c’est ce qu’ils ont fait entendre en répondant massivement à l’enquête récente lancée par la DAP au sujet du travail en local aveugle pour faire entendre leur colère. Dans le cadre deux rapports alarmants communiqués au CHSCT au printemps 2015, la médecine de prévention avait su  identifier les causes de pathologies – dont certaines pouvant conduire au suicide – liées aux réorganisations incessantes des services et à l’abaissement de l’effectif. Des centaines de collègues se voient complètement privés de la lumière du jour quand, au contraire, quarante étages des tours de la BnF sont occupés par des livres. Le travail délibérément organisé dans des locaux aveugles depuis 20 ans n’est-il pas le fait d’un aveuglement chronique de l’administration confinant au déni ?

Le suicide d’un de nos collègues avait provoqué la création d’une délégation d’enquête dont le travail s’était achevé par la communication d’un rapport contenant une quarantaine de préconisations  venues s’ajouter à celles issues d’une précédente délégation réunie en 2012 après la tentative de suicide d’un autre agent. Ces préconisations recommandaient à la Direction Générale (DG) d’améliorer les conditions de travail des magasiniers avec « la mise en œuvre d’un plan d’action ambitieux ». Nous avions fait le constat lors d’un CHSCT d’avril 2016 que plusieurs de ces préconisations se détachaient de l’ensemble en raison de leur importance et qu’agir sur ces leviers relevait effectivement de l’urgence. L’une d‘entre-elles proposait « d’établir des modalités alternatives d’organisation du travail afin de réduire l’exposition aux risques liés au travail en local aveugle ». C’est pourquoi la FSU a mené un travail opiniâtre au sein des instances pour convaincre la Direction de rompre avec 20 ans de cécité et de déni en d’accepter enfin de rechercher les solutions techniques et organisationnelles pour que chacun ait enfin accès à la lumière du jour » recommandé par un rapport de l’Inspection générale des Bibliothèques de 1998 faisant le constat des « choix absurdes ayant prévalu dans l’affectation des espaces de travail de la bibliothèque ». Le récent protocole de sortie de grève signé par La FSU à l’issue du conflit social du printemps dernier  a vu la Direction reconnaître enfin la nécessité de mettre fin à une situation devenue insupportable et dangereuse.

C’est dans le cadre de ce rapport de forces que la FSU a communiqué à la Direction Générale «22-propositions-de-la-fsu-bnf-pour-ameliorer-les-conditions-de-travail-des-magasiniers» (vous trouverez les plus importantes au verso de ce tract) qui visent à changer vraiment la donne pour les magasiniers ont été entendues par la DG puisque qu’elle semble prête à engager les actions nécessaires. Les enjeux sont considérables pour nous, aussi avons-nous prévenu la Direction que tout espoir qui ne trouverait pas de satisfaction chez les centaines de collègues concernés mettrait inévitablement le feu aux poudres.

La FSU est la seule organisation syndicale à avoir proposé des solutions radicales et ambitieuses pour mettre fin à la souffrance au travail en local aveugle

 

 

12 des 22 propositions de la FSU-BnF

 

 

  • Libérer plusieurs niveaux de magasins dans chacune des tours de Tolbiac afin d’y aménager des espaces de travail à la lumière naturelle pour les 500 magasiniers du socle.
  • Aménager quatre « carrels » inoccupés afin qu’ils donnent sur la lumière du jardin. Les transformer en espaces de repos avec distributeurs de boissons, four à micro-ondes, frigidaire ainsi que le nécessaire pour se reposer.
  • Aménager la cantine pour éviter ou réduire le bruit et la promiscuité. Laisser cet espace disponible pendant les horaires d’ouverture de l’établissement.
  • Cesser l’évaluation individuelle des performances qui engendre un mal-être au travail et évaluer collectivement les unités de production seulement.
  • Informer les « évalués », durant l’entretien, de la volonté du chef de service de proposer un avancement ou non. En cas de refus le chef de service doit le motiver afin de permettre à l’agent de comprendre cette décision.
  • Reproposer systématiquement, d’année en année, les agents proposés qui n’ont pas eu d’avancement en CAP jusqu’à obtention.
  • Reconnaître l’ancienneté au même titre que le mérite.
  • Ne pas laisser un magasinier plus de huit ans dans le même grade afin de lui permettre d’arriver en haut de la dernière grille à la fin de sa carrière (penser aux pensions de retraite).
  • Retrouver le sens du travail en équipe notamment avec des réunions délibératives de tous les personnels d’une unité de production. Former les encadrants à cette activité.
  • Cesser radicalement d’engendrer des écarts grade/fonction.
  • Reconnaître la dimension sociale de la FP avec des attentions particulières concernant les agents en situation de fragilité.
  • Le recours au travail isolé doit être exceptionnel. Nous entendons par travail isolé l’absence de travail collaboratif, d’entraide, de contact avec les équipes et avec les chefs de service : être seul face à sa tâche.
  • Cesser la suppression de poste dans le corps de magasiniers qui ont déjà beaucoup donné.
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