Inondation à la BnF : un désastre tellement évitable

Après l’importante inondation ayant touché les collections de la BNF, la FSU demande une enquête administrative à la Ministre de la Culture afin d’établir les causes et les responsabilités ayant conduit à l’inondation survenue à la BnF le dimanche 12 janvier 2014.

Communiqué de la section fsu de la bnf du 17 janvier 2014

Après l’importante inondation ayant touché les collections de la BNF, la FSU demande une enquête administrative à la Ministre de la Culture afin d’établir les causes et les responsabilités ayant conduit à l’inondation survenue à la BnF le dimanche 12 janvier 2014.

.A la suite de l’inondation ayant touché environ 35.000 volumes issus des collections patrimoniales, de nombreux ouvrages publiés dans une période historique allant du XVIe au XXIe siècle ont été dégradés dont certains gravement. Tout cela arrive après une longue série d’inondations depuis l’inauguration du bâtiment en 1995, notamment celle survenue au département Histoire-Philosophie-Sciences de L’Homme au printemps 2004 ; la FSU avait alors demandé à la Direction que soit réalisé un audit de l’état général des circulations d’eau au sein du bâtiment de Tolbiac. Un document avait été transmis par le Département des Moyens Techniques (DMT) au CHS de l’établissement public en 2007 qui faisait clairement état de la nécessité de remplacer un grand nombre de conduites en PVC « collé» mal conçues et ayant déjà fait l’objet de ruptures : la courronne d’alimentation en eau des jardinets latéraux traversant les espèces aujourd’hui sinistrés y était nommément identifiée comme « à risque important ». En dépit de ces recommandations et d’inondations récurrentes de plus en plus fréquentes ainsi que de demandes des organisations syndicales, seule une partie des travaux ont été conduits au motif annoncé des restrictions et choix budgétaires : l’administration a ainsi renoncé à mettre en sécurité l’ensemble du réseau d’alimentation en eau.

.Les conséquences morales de l’inondation du département Littérature et Arts sont très importantes : elles touchent de plein fouet la mémoire de la ration. Face à une telle situation, les atermoiements arithmétiques de la direction de la BnF, qui ne cesse depuis trois jours de minimiser le nombre d’ouvrages endommagés quand, de l’avis-même des services de conservation, 35 000 livres au moins ont été abîmés, ne laisse pas d’interroger. Contre une communication opaque appartenant à une époque révolue et des menaces contre nos représentants lors du CHSCT du 14 janvier – les membres de la FSU y ont été insultés et qualifiés par la direction de « traîtres » et de « délateurs » pour avoir répondu à la presse – nous avons fait le choix de la transparence et décidé de ne pas nous taire face à une grave atteinte au bien public et au patrimoine commun. C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui à la Ministre de la Culture, Madame Aurélie Filippetti, de diligenter une enquête administrative afin d’établir les causes et les responsabilités ayant conduit à l’inondation survenue à la BnF le dimanche 12 janvier 2014 dans les magasins du département  Littératures et Art. Seule une volonté politique forte émanant de la puissance publique est à même d’empêcher la survenue d’autres inondations à la BnF, sachant que la Réserve des livres rares qui contient des trésors inestimables, n’est en aucune manière à l’abri puisque située à moins de dix mètres (!) des lieux envahis par les eaux. Hier encore, des milliers d’ouvrages mis a sécher dans un local de fortune la salle de sport ont dû à nouveau être déménagés de toute urgence, cet espace étant à son tour victime d’une nouvelle inondation.

.La première mission de la Bibliothèque nationale est de conserver les collections nationales pour les communiquer et non privatiser ses espaces publics en offrant des concessions avantageuses à MK2, ou démolir la dizaine de majestueux et longs bureaux en bois massif du Haut-de-Jardin et les remplacer par des écrans de télévision, ou encore participer à la filiale BnF Partenariats qui accorde des droits d’exclusivités inacceptables aux éditeurs privés sur des fichiers issus de la numérisation des fonds publics. Face à de telles dépenses, le coût de remplacement de quelque canalisation est dérisoire.

Contact : fsu-bnf@bnf.fr ou 01 53 79 49 04

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3 Commentaires

Classé dans Actualité & Information, Actualité dans les bibliothèques, Culture, Hygiène et sécurité, société

3 réponses à “Inondation à la BnF : un désastre tellement évitable

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  2. lousteau

    Merci beaucoup de nous tenir informer des catastrophes actuelles et de celles qui pourraient si rien n’est fait advenir

  3. Olive from Jussieu

    Après l’eau sur les iivres, les particules nocives pour les personnels, jusqu’où ira la direction et la ministre, je vous le demande ? …………………

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