BnF : vente à la découpe !

La FSU avait dénoncé la reconduction de Bruno Racine à la tête de la BnF. Elle y avait vu là un désengagement du Ministère de la Culture permettant à un homme de droite de continuer les réformes libérales entreprises par l’ancienne majorité. La politique du Président de l’établissement consiste à poursuivre la mise en oeuvre, via sa filiale commerciale « BnF Partenariats », de l’expropriation de milliers d’oeuvres du domaine public au profit de sociétés privées bénéficiant d’inacceptables droits d’exclusivité.

Communiqué de presse FSU – Bibliothèque nationale de France

Des conditions stupéfiantes semblent avoir prévalu au maintien de Bruno Racine : la liquidation de plusieurs sites de la BnF, à commencer par le bâtiment de Louvois (département de la Musique) prélude d’un démantèlement annoncé : Château de Sablé, Maison Jean Vilar, Bibliothèque de l’Arsenal… Cette décision porte atteinte à l’intégrité même de l’établissement public et rompt avec des siècles de sanctuarisation des collections patrimoniales. C’est que les caisses du Ministère sont vides : Aurélie FILIPPETTI a été priée (ironie du sort, par le désormais fameux Cahuzac entre autres) de les remplir coûte que coûte en imposant aux établissements sous tutelle des conditions indignes. Bruno RACINE aurait été au courant de ces conditions depuis le mois de décembre 2012 ; il en aura accepté les termes pour pouvoir continuer de présider « BnF Partenariats » dont les menées financières suscitent la colère des associations professionnelles et de la communauté scientifique.

Pour faire avaler la couleuvre, la Direction de la Grande Bibliothèque semble avoir fait le choix d’une stratégie prudente visant à se séparer des meubles en échelonnant les annonces sur 5 ans. Que dire de la raison évoquée par la Directrice générale lors du CHSCT : le bâtiment de Louvois serait cédé à l’OPPIC, maître d’ouvrage du Ministère de la Culture. En réalité le Ministère vendrait ensuite cet immeuble situé dans un quartier où le prix au m² est très élevé. Les conséquences d’une telle opération immobilière seraient très graves : comment personnels et collections (12Km) seront-ils réaffectées au sein du Quadrilatère Richelieu en pleine rénovation ? La salle Labrouste serait, cerise sur le gâteau, rétrocédée à la BnF afin de pouvoir les accueillir : un véritable retour à la case départ.

L’austérité imposée par le Ministère de la Culture n’est pas une fatalité : elle est le produit de la politique d’un gouvernement soumis aux intérêts du capital : ainsi, le cadeau de 20 milliards offert aux entreprises sous forme d’un crédit d’impôt représente près de 6 fois le budget consacré à la culture. Il est inacceptable que les agents de la BnF paient sous forme de baisses de crédits, de suppressions de postes et, désormais, de ventes de bâtiments patrimoniaux la facture des aides versées à un patronat qui continuent de licencier à tour de bras. La FSU avait appelé la semaine dernière à la résistance demandant à Aurélie FILIPPETTI de se ressaisir. Le Ministère et la direction de la BnF semblent avoir perdu le sens de la morale publique.  Aussi, avec toute l’énergie possible, la fsu refuse-t-elle cette vente à la découpe du patrimoine !

Le samedi 13 avril 2013. Contact presse : fsubnf.com@gmail.com

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