Bibliothèque nationale de France : la privatisation est en marche ! Mobilisons-nous pour l’arrêter !

Bibliothèque nationale de France : la privatisation est en marche ! Mobilisons-nous pour l’arrêter !

Communiqué de la section FSU de la Bibliothèque nationale de France du 25 janvier 2013

Dès l’annonce des perspectives de financement de la numérisation du patrimoine par le Grand Emprunt, la FSU avait émis des réserves sur le danger d’accords avec des partenaires privés. Les débats avaient été vifs entre les syndicats, la direction de la BnF et plusieurs universitaires – dont Roger Chartier, président du Conseil scientifique. En créant la filiale « BnF – Partenariats », Bruno Racine a franchi le Rubicon en conditionnant la numérisation de masse à l’intérêt de groupes privés, chargés de la numérisation de corpus de documents définis par l’établissement ainsi que de l’exploitation commerciale exclusive des fichiers numériques. Cette dévolution aux intérêts de groupes privés va de pair avec l’abandon de toute politique documentaire indépendante, celle-ci étant de fait assujettie à l’intérêt marchand. La signature le 15 janvier de deux accords de numérisation, l’un avec la société  ProQuest , l’autre avec  Belive Digital Memnon Archiving Services  constituent pour nous une véritable déclaration de guerre à la démocratie, les œuvres numérisées du domaine public étant désormais « encapsulées » dans des bases commerciales puis, mercantilisme oblige, revendues à prix d’or à d’autres bibliothèques publiques :  BnF-Partenariats  doit être démantelée !

En 2011, Bruno Racine avait signé sous la pression de Nicolas Sarkozy une convention avec la société MK2-Vision SA, autorisant celle-ci à aménager et exploiter dans l’enceinte de la BnF un complexe cinématographique pour un montant de 8 millions d’euros, la BnF renonçant  à percevoir toute redevance pendant 5 ans. La direction justifie cette nouvelle liquidation de l’espace public par des arguments fallacieux irrecevables liés à une meilleure visibilité et une diversification des publics ! La Cinémathèque française proche et manquant de place, n’eût-elle pas été un occupant bien plus légitime ? L’accord avec Karmitz contraint la BnF sans aucune contrepartie immédiate au moment même – est-ce un hasard- où la direction réaménage du Haut-de-Jardin pour un coût public exorbitant de 4,9 millions d’euros, vouant le niveau d’accès généraliste à devenir une galerie marchande où les livres ne serviraient que de paravents aux concessions commerciales. Le rayonnement de la BnF ne peut dépendre d’une chaîne de cinémas autant que d’une direction prête à tous les compromis : la convention avec Mk2 doit être dénoncée !

Une déclaration commune a été publiée le 18 janvier par La Quadrature du Net, SavoirsCom1, Creative Commons France, L’Open Knowledge Foundation France et Communia pour s’opposer aux partenariats de numérisation. L’IABD (Inter-association Archives Bibliothèques Documentation), l’ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation, membre de l’IABD), L’Association des Bibliothécaires de France (ABF), regroupant 3000 professionnels, ont également exprimé leur refus dans un communiqué en date du 21 janvier. Ce jour l’ADBU, s’exprime de la même manière dans un autre communiqué : « La numérisation des œuvres du domaine public doit permettre leur libre accès à tous ». D’autres, Philippe Aigrain, Mélanie Dulong de Rosnay, Daniel Bourrion, Lionel Maurel interviennent dans une tribune  publiée aujourd’hui dans Libération intitulée « Bientôt expropriés du patrimoine commun? ». Nous saluons aujourd’hui ces initiatives s’élevant contre une aliénation du patrimoine public marquant un pas de plus vers la privatisation de la BnF, institution culturelle majeure qui ne saurait appartenir qu’à la collectivité et non aux pillards de la Nation. Il n’y a donc pas de fatalité quand il s’agit non plus de défendre mais de sauver le service public et l’accès démocratique au patrimoine national, c’est pourquoi la FSU appelle solennellement l’ensemble des forces vives de la Culture, chercheurs, usagers, publics, citoyens, dans l’unité et la clairvoyance, à se rassembler et à se réunir sans tarder sous le même mot d’ordre pour s’opposer ensemble à la destruction d’un outil encyclopédique d’émancipation et de connaissance séculaire et unique en son genre.

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