Réforme de la catégorie B : sans corporatisme, agir dans l’unité

Le rassemblement du 11 mars en soutien à la rencontre entre l’intersyndicale des bibliothèques et le ministère a pu permettre quelques premières, mais timides, avancées : nouvelle dénomination du futur corps (vraisemblablement BAS = Bibliothécaire assistant spécialisé), « possibilité » de mise en place, sous la forme d’un plan pluriannuel, d’examens professionnels pour permettre le passage de BAS en catégorie A et de magasiniers en catégorie B. Mais le ministère se montre intransigeant quant à la situation de blocage imposée aux 1500 magasiniers promouvables en catégorie B (15 postes en 2010…) ainsi qu’au refus d’intégration des actuels BAS dans le corps des Bibliothécaires d’Etat.

Quant à sa proposition de revalorisation de la grille indiciaire, financée par les suppressions de poste, elle n’a d’autre conséquence qu’un rallongement de la carrière et un ralentissement pour les changements d’échelon en début de carrière. Il s’agit bien de transformer les ex BAS en cadres payés au rabais puisque leurs missions vont être revues à la hausse : Les classes supérieures et exceptionnelles, en vertu du niveau de qualification (bac+2) qui leur sera reconnu se verront confier :
des tâches requérant un « niveau d’expertise »
supérieur à celui des collègues de classes normales ;
des « responsabilités particulières de coordination
d’une ou plusieurs équipes », soit des tâches
d’encadrement d’un niveau supérieur à celles
dévolues aux catégories B jusqu’à présent.

Pistes de réflexion

La question des statuts et des carrières est indissociable de celle de la grille fonction publique. Par définition, chaque statut particulier occupe un espace déterminé dans cette grille, il doit donc s’inscrire dans la cohérence globale de celle-ci. Il en découle qu’on ne peut pas aborder utilement la question en partant d’une seule catégorie, d’une seule filière ou d’un seul niveau de qualification. A chaque niveau de qualification doit correspondre un niveau de recrutement par concours. Il existe 6 niveaux de qualification mais 3 catégories seulement. A chaque niveau de qualification doit correspondre un espace indiciaire propre qui garantisse un vrai déroulement de carrière. Quel que soit le niveau de recrutement, chaque corps statutaire devrait couvrir un espace indiciaire tel que l’indice terminal soit égal à 1,5 ou 2 fois l’indice de début. A niveau de recrutement équivalent, les corps des différentes filières devraient occuper le même espace indiciaire de la grille fonction publique.

Les propositions de la FSU

Les bases de départ ont été posées par nos mandats de congrès, à savoir l’intégration des primes dans le salaire et un salaire minimum de 1600€.

Scénario 1 : coefficient de progression de 1,5 à tous les corps :
début de carrière catégorie C à 1600€ (primes intégrées), donc fin de carrière C à 2400€ net
début de l’échelle B à la médiane de la catégorie C (soit 2000€) donc fin de carrière B à 3000€ net ;
début de l’échelle A à la médiane de la B (soit 2500€) donc fin de carrière A à 3750€ net.Scénario 2 : coefficient de progression de 1,7 à la Cat. C 1,6 à la Cat. B 1,5 à la Cat. A
début de carrière catégorie C 1600€ (primes intégrées), donc fin de carrière C à 2720€ net ;
début de l’échelle B à la médiane de la catégorie C, soit 2160, donc fin de carrière B à 3456€ net ;
début de l’échelle A à la médiane de la B (soit 2808€), donc fin de carrière A à 4212€ net.

Agir dans l’unité

L’évolution des pratiques professionnelles, particulièrement sensibles à la BnF avec l’arrivée du numérique et les projets d’externalisation du catalogage des acquisitions étrangères (ainsi que des dites acquisitions) commandent une approche globale des questions statutaires. En ce sens, si la mobilisation semble s’ancrer dans la durée au niveau national avec, notamment, la création d’un collectif de BAS en lutte, nous notons que la plate-forme syndicale n’a pas encore permis d’éviter quelques replis corporatiste. Il en a été de même à la BnF, du moins au début du mouvement, puisque la FSU a rencontré des difficultés pour maintenir l’unité syndicale et s’est retrouvée seule convaincue
qu’il fallait mobiliser l’ensemble des collègues – et non pas seulement ceux directement concernés. Gageons que ces difficultés passagères seront vite surmontées et que les collègues pourront enfin entrer massivement dans le mouvement.

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Classé dans Actualité dans les bibliothèques, Bulletin d'information syndical, Evaluation-Notation

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