Vers une modulation du régime indemnitaire : l’exemple de la Bibliothèque nationale

L’entretien d’évaluation dont l’usage est aujourd’hui presque institutionnel a été mis en place à l’origine à la Bibliothèque nationale de France où les personnels ont été progressivement soumis à ce qu’il faut bien appeler une expérience d’ingénierie sociale. Cobayes malgré eux les agents ont mis un certain temps à découvrir qu‘il y avait un lien entre la réforme de la notation et le dispositif d’évaluation et, surtout, la modulation de leurs régimes indemnitaire, rendue possible par un petit décret sur la manière de servir passé presque inaperçu lors de la mise en œuvre de l’ARTT en 2000.

Ainsi a été peu à peu mise en œuvre une véritable machine de guerre dont le but, de plus en plus apparent, est la création d’un salaire au mérite fondé sur l’arbitraire et mettant en pièce ce qui demeure dans le statut général des fonctionnaires, du principe d’égalité de traitement.

A la BnF, les indemnités des personnels, IAT au-dessous de l’indice 380, IFTS au-dessus, sont peu à peu modulés, tout comme la prime de reliquat de fin d’année, distribuée à la tête du client, cette mesure, au-delà des inégalités qu’elle engendre, visant surtout à briser les solidarités et à créer une culture individualiste et productiviste mettant en avant la mise en concurrence dans le travail comme seule forme de réalisation sociale. Mais n’est-ce pas là un produit de l’idéologie que tente de vendre à coup d’heures supplémentaires le gouvernement Sarkozy ?

Il est fait à la BnF usage des heures supplémentaires, a priori réservées aux agents méritants de la catégorie C, comme d’un bakchiche distribué aux agents, y compris de catégorie B et A, ce dans une logique ou la déréglementation voisine avec la prébende et ne fait pas tenir longtemps l’argument selon lequel ces heures supplémentaires viendraient seulement suppléer au manque d’effectif.

L’évaluation, quand elle conduit à la destruction de toute forme de garantie salariale et à la destruction du lien social doit être combattue par le boycott de l’entretien de toutes les manières possibles et appropriées, et ce combat doit, collectif, nous, permettre de maintenir les solidarités là où l’administration veut les tuer. Rien ne serait pire qu’une gestion individualisée des carrières productrice de solitude au travail. 5 salariés de Peugeot-Mulhouse, simples « ressources humaines », mis durement en concurrence et surévalués par leur direction, n’ont pas survécu au traitement cruel et cynique appliqué pendant des années.

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