Acquisition des collections numériques : la FSU salue les évolutions de la Direction des Collections

Un point de l’ordre du jour du Conseil scientifique du 22 juin 2012 était consacré à la question de l’acquisition des collections numériques. Cela faisait suite à notre contestation des conclusions du rapport du directeur du département Sciences et techniques Propositions pour une évolution des sciences et techniques à la BnF, réf. BnF-ADM-2011-040457-01, présenté à cette instance il y a un an, qui aboutissait à la signature, en janvier 2012, d’un accord global avec l’éditeur Elsevier. Accord que la FSU dénonçait vigoureusement (Elsevier à la BnF : histoire d’un “big deal”).

Nous avons été agréablement surpris par la position de la Direction des Collections. Le Directeur des Collections et le Directeur du département Sciences et techniques ont cosigné une très intéressante note sur « l’économie de la documentation numérique acquise » réf. BnF-ADM-2012-060147-01 (Denis Bruckmann et Hervé Colinmaire) qui, en plus de dresser un diagnostic précis de la situation économique (oligopole Elsevier-Springer-Blackwell/Wiley, pratiques commerciales agressives, tarification ahurissante) et politique (réaction des chercheurs, boycott, etc.) témoigne d’une évolution dont les éléments de réflexion rejoignent ceux que nous exposions déjà dans notre bulletin syndical de février 2012.

Il est possible de considérer que l’opposition d’une partie des collègues à cette politique, et le tollé suscité par la signature de l’accord avec Elsevier ont conduit la Direction des Collections à porter un regard critique sur les orientations mises en œuvre. Il est possible, aussi, de penser que l’important mouvement de contestation initié par des chercheurs (la pétition Cost of Knowledge mobilisant contre Elsevier ayant réuni plus de 12 000 signatures) et relayé par certaines institutions (MIT, Harvard, etc.) comme par le gouvernement britannique a pu précipiter l’élaboration d’une nouvelle doctrine.

Les interventions du Directeur des Collections et du Directeur du département Sciences et techniques, que nous avons appuyées avec l’ensemble du Conseil, nous permettent aujourd’hui de nourrir l’espoir de voir la Direction des Collections renoncer définitivement à cette pratique scandaleuse des accords globaux et des achats de bouquets documentaires. Voilà qui constituerait un signal fort, tant à l’endroit des bibliothèques qui ont adopté une position offensive contre les grands éditeurs qu’à l’endroit des tutelles qui, pour le moment, n’ont pas encore adopté de position précise.

bigdeal

La FSU fait observer que les collections numériques doivent être acquises dans le cadre d’une politique documentaire soucieuse des missions de l’établissement et de répondre aux besoins identifiés des usagers, politique qui doit être conduite en toute indépendance par le personnel de l’établissement. Cela permettra de soutenir les efforts des éditeurs indépendants (souvent adossés à des sociétés académiques et savantes) et de corriger l’influence de cet oligopole.

Plus généralement, la FSU considère qu’il faut accélérer la mise en place des licences nationales, qu’il faut agir de manière énergique pour la création d’un consortium national fédérant tous les acteurs de la documentation afin d’opposer un front résolu à ces éditeurs et, qu’enfin, il faut s’engager dans la diffusion libre des travaux issus de la recherche scientifique publique.

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