Des incidents altèrent le fonctionnement de la zone en activité, avec une fréquence croissante depuis quelques mois.
Des moins graves aux plus inquiétants, ils traduisent une montée en puissance du chantier, avec les risques inéluctables et dangers potentiels inhérents à ce type d’activités.
L’assurance absolue avait pourtant été donnée, en gage d’apaisement aux craintes nombreuses exprimées, que l’administration aurait la parfaite maîtrise de ces risques et que tout serait mis en œuvre pour isoler absolument la zone en activité de toutes nuisances, et bien sûr de risques d’incendie ou autres dangers.
Chacune des deux zones devait être absolument indépendante et totalement étanche l’une de l’autre, tant sur le plan incendie, technique qu’administratif (la BnF n’ayant en effet plus droit de regard sur la zone en travaux, du fait que cette dernière a été placée sous l égide de l’OPPIC et des sociétés de travaux).
Force est de constater que cette doxa, assenée à longueur de réunions dans les années précédant le chantier, a quelque peu, et c’est un euphémisme, été malmenée par les faits :
- La responsabilité de la protection incendie de la BnF a finalement été étendue à l’ensemble du quadrilatère – zone travaux comprise alors qu’elle en était strictement exclue auparavant -, donnant ainsi a posteriori raison à nos remarques quant à l’unicité du site et des risques, telle la parabole utilisée de la difficulté à maintenir en activité la moitié d’un corps coupé de haut en bas…
- Pareillement, l’érection d’un mur dit coupe-feu devant isoler les deux zones et devant assurer l’étanchéité absolue, et ne pas être en conséquence franchissable : celui-là a progressivement dû être équipé de portes de passage(en sous-sol, au rez-de-chaussée, et en étages) pour des questions – justement – d’accès pour les équipes techniques et de secours…
Egalement pour offrir des possibilités d’évacuation…aux ouvriers, vers la zone BnF en cas de sinistre de leur coté ( !)
Ce mur coupe-feu devait être prolongé en partie haute, sur demande de la Commission de sécurité – ce qui a provoqué l’évacuation non programmée des ateliers de restauration des combles et leur resserrement en sous-sol. A ce jour il semble que cette continuation n’ait toujours pas été réalisée, telle la ligne Maginot s’arrêtant à la frontière belge en 40…..
Enfin, de nombreuses « porosités » semblent avoir été décelées, laissant par exemple filtrer des nuages de poussières par des gaines de ventilation, et autres percements intempestifs…
Donc nous aurions là un mur de séparation devant arrêter le feu et les fumées, à l’efficacité identique à tous les « murs » érigés par l’homme durant l’histoire (Mur de l’Atlantique, Muraille de Chine, ligne Siegfried ou Maginot, …) ?
- De multiples coupures sont survenues, arrêtant momentanément ou plus longuement l’eau sanitaire de certains espaces, les radiateurs, le téléphone ou l’informatique.
Plus inquiétant, à plusieurs reprises c’est le système de détection et de protection incendie qui a été touché, provoquant – ou non – des évacuations, selon l’appréciation fluctuante et aléatoire de la Direction (au tirage aux dés ?)
Un coup on évacue pour des défaillances de sirènes d’évacuation, l’autre on maintient le public et le personnel dans une Salle Ovale envahie de fumée irritante…
Quelle est, grands dieux, la logique suivie ?
L’ensemble des ces faits laissent à penser que progressivement, la Bnf semble jongler de plus en plus avec les notions de sécurité, évacuant une fois, l’autre pas, décidant l’ouverture ou non, selon les pannes plus ou moins reconnues.
Jusqu’à maintenant fort heureusement sans conséquences par trop néfastes.
Pour autant, l’accélération dernière des événements laisse la désagréable impression que cette même Direction joue avec la sécurité des agents et des biens au « petit bonheur la chance », en espérant passer à travers les gouttes, pourtant de plus en plus grosses et nombreuses, d’un orage menaçant.
Un peu comme à la roulette russe dont on garnirait progressivement le barillet d’une balle supplémentaire à chaque déclic « à blanc »…
…jusqu’au coup de feu réel ?




