DES HISTORIENS COMPROMIS DANS LA MASCARADE DE LA MAISON DE L’HISTOIRE DE FRANCE !

Pourtant réputés dans leur discipline, des historiens adorant récompenses et breloques se précipitent de toutes leurs jambes pour que d’un geste magnanime, le président Sarkozy leur confie un gros sucre  nommé "Maison de l’histoire de France" ; malheureusement, le produit semble gâté et les frétilleurs se retrouvent fort dépités…On pourra souligner néanmoins, à la lecture de l’article du Parisien ci-desous en date du 14 janvier 2011, que certains autres éminents universitaires font honneur à la science historique en refusant ce projet où la mégalomanie le dispute au ridicule. Par ailleurs, une transcription d’un débat ayant eu lieu sur ce sujet le 1er décembre 2010 entre Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, et Patrick Boucheron, historien hostile au projet, est lisible ici.

 

 

>Ils vont créer la Maison de l’histoire de France


« Ni reposoir du roman national,ni conservatoire du passé » : ainsi Frédéric Mitterrand a-t-il présenté hier matin la maison de l’Histoire de France. Cherchant à dissiper les controverses nées de l’annonce de ce projet il y a deux ans par Nicolas Sarkozy, le ministre de la Culture a précisé que cette nouvelle institution devra « ouvrir notre histoire au dialogue et à l’échange » et « s’adressera à un large public ».

En annonçant la composition du comité d’orientation scientifique de cette maison, il adonné le coup d’envoi à ce musée. Vingt personnalités, nommées pour un mandat de deux ans renouvelable, seront chargées d’en définir les contenus « en toute indépendance ».Voici les plus connus.

Jean-Pierre Rioux, spécialiste de l’histoire contemporaine, est nommé président du comité. Connu pour « la Révolution industrielle » (Le Seuil, 1971) ou « Pierre Mendès France et le mendésisme » (Fayard, 1985), cet inspecteur général de l’Education nationale a déclaré que « la maison de l’histoire de France avec un petit h, se fera portes et fenêtres ouvertes ».

Jean Favier, spécialiste du Moyen Age, est nommé président d’honneur Du comité. Archiviste-paléographe, il a été directeur général des Archives de France et président de la Bibliothèque nationale de France.

Dominique Missika, productrice à France Culture, a fondé la chaîne Histoire dont elle a dirigé la rédaction de 1997 à 2004. Elle a beaucoup travaillé sur la Shoah.

Pascal Ory, professeur à l’université Paris-I, a publié « Les Intellectuels en France, de l’affaire Dreyfus à nos jours » (Armand Colin, 2002) et prépare un « Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France » (Collection Bouquins).

Anthony Rowley, maître de conférences à Sciences-po Paris et directeur éditorial chez Fayard, est spécialiste de l’histoire économique du XXe siècle et de la gastronomie.

Benjamin Stora, professeur à l’université Paris-XIII, a beaucoup travaillé sur la décolonisation et sur la guerre d’Algérie. Il a publié en 2010 « François Mitterrand et la guerre d’Algérie » (Calmann-Lévy).

Deux grands absents : les historiens Jacques Le Goff et Pierre Nora qui ont dénoncé les risques d’instrumentalisation de la maison de l’histoire de France par le pouvoir. Dans une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand publiée par « Le Monde » le 11 novembre, Pierre Nora écrivait : «Ce projet inutile est trop marqué par le funeste débat sur l’identité nationale. »

A peine nommés, les vingt « pères fondateurs » de la maison de l’histoire de France —censée s’installer aux Archives nationales dans le Marais— se trouvent confrontés à un problème de locaux. Depuis le 16 septembre, une partie des Archives est occupée par le personnel qui refuse l’installation de ce nouveau musée.

//

Le problème des locaux n’est pas réglé

L’intersyndicale doit être reçue aujourd’hui par le directeur de cabinet du ministre de la Culture. Interrogé sur l’appel lancé lundi par Régis Debray et six historiens (dont Pierre Nora, Mona Ozouf) pour que la maison de l’histoire de France s’installe à l’Hôtel de la Marine, Frédéric Mitterrand s’est contenté de répondre : « Ce sont deux projets différents. » Le ministre a aussi affirmé que « les jardins des Archives ouvriront en juin prochain » et que « la Maison de l’histoire de France doit être inaugurée en 2015 ». Une première exposition de préfiguration est prévue d’ici à la fin 2011. La prochaine réunion du comité d’orientation scientifique, le 26 janvier, planchera dessus. « Soit on montre comment on a bâti l’histoire de France, soit on prend un grand thème, comme la fraternité, l’indignation…Tout est ouvert », a indiqué Jean-Pierre Rioux, président du comité d’orientation.

PHILIPPE BAVEREL

About these ads

Poster un commentaire

Classé dans Actualité & Information, Actualité dans les bibliothèques

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s