A force de prendre les magasiniers pour des ânes bâtés…
Peu glorieuse est aujourd’hui la situation du personnel de magasinage à la BnF. En effet, à force d’écrémage régulier, les effectifs ont doucement, mais surement baissé au fil des ans, RGPP oblige. Une pénurie de personnels s’est installée cependant que la Direction des Ressources humaines pouvait se targuer d’avoir fait économiser à l’établissement de nombreux ETP (« équivalents temps plein » dans la novlangue administrative, soit un temps abstrait travaillé par une personne abstraite à plein temps). La Direction semble aujourd’hui décidée – les caisses du Ministère sont vides et il faut bien tenir son rang – à arrêter la médecine douce pour appliquer un traitement de cheval aux catégories C qui, comme chacun le sait, se la coulent douce depuis des années. La rigolade est terminée : le temps est venu de la rigueur capitaliste néolibérale consistant à faire casquer les plus petits pour éponger les dettes des gros. Et puis, ne faut-il pas remettre tout ce monde d’en bas à sa place et faire comprendre qui sont les bons maîtres ? Craignez !…Le magasinage passe à l’essoreuse !… On supprime à tout crin….A toute berzingue !… Les « ETP » au casse-pipe !… Plus qu’à faire suer le burnous à ceux qui resteront et se payer sans vergogne sur le dos des plus précaires : les vacataires !… Bons pour les charrettes automnales. Hop, tout le monde à la porte !… Vite fait, bien fait !…Au bon plaisir des tôliers !..Tout le septième étage de la T2 au spectacle !…La haute en plein délire !…C’est-y pas beau, l’escamotage des pauvres?… Mais quelle est donc la recette pour ce numéro de Top Chef spécial « flouage des sans-grade et du petit personnel » ?
- - Tout d’abord en ne renouvelant pas les contractuels sur crédit de dix mois ou moins, voire en licenciant des personnes sur contrat de trois ans (Vestiaires, Accueil, pour commencer). Ensuite, en laissant dans le marasme et sans perspective d’ici la rentrée 2016, les vacataires en CDI arrivés après février 2003. Seuls les quelques miraculés de la loi Sauvadet seront titularisés afin de faire accroire à une volonté sociale de la Direction et de ses Ministères de tutelle qui parfois, donnent dans le conte de fée miniature. La chefferie inspirée par les muses du nettoyage à sec profitera aussi des départs à la retraite ou des mutations des titulaires pour étrangler des deux pouces des services entiers.
- - En « rationalisant » le travail. Rationaliser, dans la bouche onctueuse des dirigeants de la BnF, c’est faire tourner à fond la roue le hamster dans sa cage Perrault. Ainsi voit-on pointer la mesure de faire travailler des agents isolés sur quatre étages de tour ou six magasins de socle, comme cela sera très bientôt le cas en Philosophie, Histoire et Sciences Sociales (D1) ou Littératures & Arts (D4). Mieux, on instaure des vagues bien salées et (actuellement en phase de test au D1) à heure fixe afin d’« éviter les flux tendus ». Comme elles risquent de se rejoindre les unes avec les autres du fait de leur taille, le flux tendu au lieu d’être évité sera de fait permanent.
- - En sacrifiant la conservation et les chantiers internes en augmentant les heures de service public !
Cette politique aura au vrai pour seule conséquence d’augmenter mécaniquement la souffrance au travail, thème dont pourtant la Direction de l’établissement a prétendu encore récemment faire une de ses priorités. Le mal-être vient du travail lui-même quand il a perdu son sens et que ses conditions se dégradent. Les fumeuses pistes d’économie n’optimisent rien mais ravagent tout !
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Comment croire que mettre à la porte des gens formés, compétents, mais non titulaires est une panacée ? Tout ça pour reprendre à leur place d’autres encore plus précaires, sur des contrats de 2, 3 ou 5 mois, qui seront vite jetés à leur tour dans la, rue ? Quel beau modèle d’humanité !..La BnF, phare de la Culture!… Combien de collègues d’un matin ou d’un soir plongés ainsi à nouveau dans l’insécurité sociale, la panade la plus méchante, et tout ça pour quoi ?

"Le gueux rechigne à travailler ? Augmentons-lui la dose !"
Pour un gain de temps de travail qui rendra la vie impossible à ceux qui resteront, ce dès l’automne 2013 ! Car qui croira qu’un agent peut se dédoubler, se démultiplier à l’envi, sorte de Shiva piteux qui n’en pourra plus d’arquer ? Travailler en permanence et tout seul en combinant, bon an mal an, des tâches essentielles tels les rangements des retours, le tri des bulletins (surtout sur des vagues de 50, 100 ou 150 livres !) et le chargement et déchargement des nacelles pour les stations automatisées ! L’encadrement dit de proximité, pris en étau, voudra bien faire son possible pour reboucher la pléthore des trous sur les plannings avec le peu d’agents disponibles mais demeurera malgré lui impuissant : si l’ubiquité était le petit secret du magasinier, on le saurait. C’est méconnaitre, non sans hypocrisie, la spécificité des magasins, qu’on nous présente tous comme identiques, alors qu’il faut souvent y travailler un petit moment afin d’en percevoir toutes les subtilités. Sans parler des risques pour la santé encourue dans les secteurs où l’on porte de lourdes charges. Bref, on va là à l’inverse de ce qui est recherché, sauf à penser que seuls les chiffres arborés sur la vitrine de l’économie budgétaire priment…
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Nous v’la revenus au temps du portage à Labrouste où quand qu’on se cassait l’échine pour contenter le monde. Ne parlons pas de la victime collatérale de cette politique de maquignon : la conservation. Des enveloppes en berne, des retards de traitements importants ou quotidiens en pagaille, des pleins chariots de livres efflanqués en pleine Bérézina…
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Cette mise au pas ultralibérale, promue par un Président de droite aux ordres d’un gouvernement prétendument de gauche, est inacceptable. La FSU demande instamment à la Direction de revenir sur les mesures qu’elle entend prendre pour son bon plaisir et de ne pas fracasser les magasiniers sur une enclume idéologique, cependant qu’elle dépense sans limites à tout va dans ses margoulinades de Partenariat Public Privé et autres juteuses goinfreries et trappes à pognon façon Karmitz .
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La Direction, bien madrée, peut tout de même commencer à se faire du mouron: les virés et les claqués, dont certains commencent à sentir le mauvais vent du boulet gesticulo-gestionnaire, et toutes et tous ces collègues victimes du sous-effectif volontaire, ne continueront pas de sombrer sans moufeter dans la désillusion et la mouise plutôt qu’exprimer leur colère face à ces injustices imminentes.
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Face à cela, la seule issue est le rapport de force. Il faut leur montrer que nous ne nous laisserons pas dépouiller de nos métier et de notre qualification sans rien dire. Aussi la FSU appelle-t-elle à enclencher un mouvement de résistance rapide, en coordination avec l’ensemble des magasinières et magasiniers, des personnels d’autres catégorie et des organisations syndicales.
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Une première assemblée générale aura lieu demain vendredi 17 mai 2013 sur le site de Tolbiac devant les globes de Coronelli au bout du Hall Ouest, de 12h à 13h00.
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